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Pour vous orienter, optez pour les catégories. Selon vos intérêts, jetez un coup d'oeil sur mes critiques assassines, mes explications maladroites ou encore, mon regard inintéressant sur certaines banalités.

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Mercredi 23 janvier 2008

 

Toute vérité est bonne à dire, paraît-il.

 

Lorsque l’on connaît l’inutilité de certaines vérités ou la subjectivité inhérente à la notion même de vérité quantifiable, l’on ne peut que s’insurger, s’indigner, s’émouvoir, taper du pied contre une insouciance générale qui permet à des horreurs sémantiques pareilles de cheminer paisiblement. Après le branle-bas de combat penseur, vient immédiatement la langueur, pour ne laisser place qu’à une exaspération brute : somme toute, ce n’est qu’un proverbe de plus dans la marée des citations émétiques.

 

Mais ce qui est déjà plus gênant, avec ce genre d’aphorisme excrémentiel, c’est que l’on ne les oublie point. L’on a plus tendance à ne pas y penser, à les ignorer temporairement, à les ranger dans un des coins du cerveau inutilisés la plupart du temps, mais ils ont tôt fait de revenir pernicieusement à la surface au moindre petit signe extérieur, vifs et perfides, afin de polluer cet énième esprit las et languide – ce même esprit exténué qui contribuait tranquillement à l’insouciance intellectuelle qu’il avait d’abord blâmée.

Ledit adage est, ainsi, particulièrement pénible lorsqu’il réapparaît dans notre vie quotidienne sans préavis, tel un clown jaillissant de sa boîte. Pis encore, il constitue un horrible supplice quand il incarne la sournoise devise vendeuse d’un magazine qui collectionne les merdes comme d’autres le papier hygiénique (ici), j’ai nommé Entrevue.


Entrevue est l’une de ces revues qui rendent l’étalage du marchand de journaux tout à fait semblable à celui du boucher : une exhibition de viande à peine emballée.

En effet, ledit magazine n’a tiré de ses seize longues années d’expérience aucune idée particulièrement brillante pour en faire une revue à succès, à part la systématique mise en scène sur la couverture d’une femme en tenue légère.

Quant au thème traité dans cette feuille de chou, ledit « magazine » est bien trop disparate pour être correctement structuré ou organisé autour d’un panel appréciable de sujets. Toutefois, s’il fallait à tout prix trouver quelque similitude, nul doute que ce trait commun relèverait du méthodique et non du thématique : l’abondance incontestablement fluctueuse du médiocre.


En vrac, cela parle de sexe, de Trash, de sexe, de potins, de sexe, de people, de sexe, de télé et de sexe ; d’inutile en somme. Ce jugement n’a rien de pudibond, puisqu’il est convenu que le traitement de la sexualité n’est guère blâmable, mais c‘est plutôt le fait de considérer les lecteurs comme des clitoris et des pénis dressés qui est non seulement inintéressant, mais également injurieux. Certes, les lecteurs acheteurs sont un combiné pathétique de crânes désertés et d’organes génitaux affamés, mais il n’en reste pas moins que l’audace ayant donné un coup de branle à la commercialisation de ce magazine est initialement une sérieuse insulte intellectuelle.


 


De plus, les journalistes, si tant qu’on peut les appeler journalistes, ne sont  résolument pas aptes à rattraper un tant soit peu la nullité idiotoriale éditoriale. Ils poussent le vice jusqu’à avoir non pas un cheveu dans la main, mais la tresse de Raiponce. En d’autres termes, ils n’en branlent pas une ils ne font assurément aucune once d’effort : ils se contentent d’éditer le vu et revu d’Internet sans une ombre d’effort de rédaction ou de créativité, et de faire circuler des potins dérisoires sur une star toute aussi dérisoire. Ainsi, si oser publier les excréments du web est déjà fort culotté, faire payer pour accéder aux poubelles est on ne peut plus scandaleux.

 

 

 

Un dossier n’est pas un dossier parce que c’est écrit en gras, n’en déplaise au chef de rédaction d’Entrevue.

Un dossier, dans le vocabulaire journalistique, est une compilation pertinente d’informations, de renseignements, de critiques construites (positives ou négatives) de faits et de dates, reliés entre eux d’une manière parfaitement cohérente  et judicieuse, qui dépasse de fort loin l’énumération insipide. Initialement, le sujet doit être intéressant et relativement important à connaître, tel qu’il est primordial de ne pas traiter de platitudes superflues et d’éviter de lasser avec un thème somme toute assommant. Vient l’analyse de l’information elle-même, où il ne faut ni omettre l’essentiel ni surabonder dans le fastidieux. L’analyse évidemment ne se passe pas de son corollaire indispensable ; la réflexion est en effet de mise dans certains genres de dossiers, puisqu’il s’agit de présenter une compilation aussi plénière que possible. L’avis argumenté se greffe sur des informations épurées pour offrir au lecteur, finalement, le choix et le droit inaliénable d’adhérer, de contrer ou d’ignorer. C’est là toute la difficulté de l’acrobatie professionnelle, qui jongle plus ou moins savamment avec l’utile et l’agréable, le vérifié et le pensé.


 


 


Or, et malgré toute la bonne foi, la naïveté et l’enthousiasme imaginables, il est tout bonnement impossible de trouver un iota de professionnalisme aux dossiers d’Entrevue, en atteste sans méprise possible leur site. (Image ci-dessus, cliquer pour agrandir)

La quête du Saint Graal serait autrement plus concluante que la recherche de pertinence ou d’importance dans les collections d’inepties insignifiantes qu’affiche le numéro actuel :

Je cite, puisqu’il est question d’énumérations insipides ci-dessus :

- Les divorces les plus coûteux du showbiz
- L'année Britney
- Les enfants stars : gloires et descentes aux enfers
Et enfin, le clou du spectacle de la déchetterie :
- "En 2008, Britney Spears devient nonne": les prédictions people
(De grâce, ne m'obligez pas à commenter ÇA!)

Non content d’être une injure ambulante aux médias à lui tout seul, le magazine Entrevue a décidé de se « reproduire ». Id est que le magazine recueille suffisamment d’argent pour pouvoir lancer un autre magazine dans le même genre : Choc, qui est sans surprise en tout point similaire à l’aîné, mais avec du gore en plus. Autant user d’un proverbe dans ce cas, ce n’est pas tous les jours que les maximes sont à l’apogée de leur pertinence.
Tel père, tel fils   – intensément médiocres.
 
Note personnelle (comme si cet article n’était pas suffisamment subjectif, :’)) :Je ne suis pas du tout anti-presse people, je pense même que c'est assez justifiable et compréhensible, c'est juste que le succès d'Entrevue, est, à mon sens,une motivation suffisante pour un génocide.
 

 

 

Lundi 21 janvier 2008

 

Nous fûmes avisés : le succès des antidépresseurs et des pilules euphorisantes annonçait sans détour que notre si merveilleuse et prodigieuse époque porterait immanquablement le sceau d’un désespoir ambiant. Bien trop imbus de notre personne et trop centrés sur notre passionnante vie, nous ne prêtons guère d’importance aux statistiques concernant les quelques suicidaires et insatisfaits de la vie habituels. Après tout, si darwinisme il y a, il est tout à fait normal qu’il s’attelle autant à l’évolution des espèces qu’à l’évolution des individus et à leur ascension dans la société - D’ailleurs, le darwinisme social servit de base à quelques idéologies particulièrement vomitives comme l’impérialisme, l’eugénisme ou encore ce cher nazisme. Si les plus forts seulement peuvent survivre, les autres ne sont que des brebis galeuses, sacrifiées au nom de la sacro-sainte évolution et d’un Bien collectif ; nous devrions donc n’en avoir cure. Et nous ne en sommes point soucié, en effet, jusqu’à la révélation évidente d’une vérité certaine et assurément non récente : la répétitivité intellectuelle. Le découragement, non content de son quota substantiel de victimes autodestructrices, s’avéra gourmand de créativité.  Voire carrément glouton, si l’on se réfère aux résultats : la créativité culturelle n’est plus. Ou presque plus, pour ne pas insulter quelques méritantes âmes. Deux questions se posent alors. Primo, quel est le rapport entre découragement et pénurie intellectuelle ? Réponse simple : lasses, les personnes croient que tout a été pensé, créé, réfléchi, et se contentent désormais d’attiédir le congelé, et de réchauffer le réchauffé. Secundo, pourquoi les statistiques ne nous secouent pas, mais la sécheresse inventive, si ? D’abord, parce que les statistiques sont des chiffres, et ôtent effrontément toute espèce d’humanité aux phénomènes exprimés. Ensuite, ce n’est pas l’engagement intellectuel qui en est la cause, mais l’effet de mode ; et l’effet de mode est tout puissant, est-il besoin de le rappeler ?

 

En effet, dans notre ère individualiste, où éthique et valeurs disparaissent progressivement*, une entité nouvelle obsède les esprit : l’intellectualisation. Ou plutôt, l’intellectualisation superficielle. Étant une mode guère plus profonde que les autres courants, l’intérêt pour l’intellect qu’elle véhicule n’est que surface et apparat, et ne trahit nullement un changement réel social. Ainsi, s’il est désormais chose commune que tout le monde se mette à tout intellectualiser tout le temps, il appert également que certains échouent lamentablement dans leur tentative risible d’acquérir un passeport culturel. Il est donc parfaitement probable de voir une ravissante greluche fieffée de plus de dix-huit ans soliloquer sur une Tyra Banks (Qui est-ce ?) moche sans maquillage et ayant Closer comme bible, déclarer à ses amies toutes aussi ravissantes qu’elle a largué Petit Ami n°4 car il n’était pas assez intelligent pour elle.

Mais ne nous attardons pas sur les truismes.

La répétitivité intellectuelle n’est honnie, au final, que parce que quelques personnes averties l’ont estimée désastreuse et parce qu’une pléthore d’autres personnes ont voulu se faire passer per fas et nefas pour des personnes de goût. Malheureux suivisme ! D’aucuns oublient, en effet, que de la stagnation naît la régression, et que l’apraxie réflexive trahit un malaise enfoui et inhérent à la société, qu’il est vital non de cataloguer, mais d’analyser.

Et si la critique constructive devrait ravir, la critique non réfléchie désenchante instantanément.

 

À titre d’exemple, et dans un registre nettement plus léger, il n’est pas rare d’entendre un cinéphile de la dernière heure dénigrer « le cinéma actuel», estimé fort médiocre mais qu’il regarde avec intérêt.

Moralité : peu importe que la soupe qui nous est servie soit une soupe de navets, on ne devrait pas cracher dedans si on la mange.

 

 

 

 

 

Mercredi 26 décembre 2007
Nicolas et Cécilia s’aiment, Cécilia aime un autre, Nicolas en Vacances, Nicolas et Cécilia se disputent, Cécilia n’est pas sage, Cécilia quitte Nicolas…




 L’on avait connu Oui-Oui et ses jolies aventures, Oui-Oui et son Igloo, Oui-Oui part en voyage, Oui-Oui et ses amis, Oui-Oui saute le chien et le chien qui saute. Que l’on se réjouisse ! Une adaptation, non pas pour les grands enfants, mais pour les ménagères inoccupées et les voyeurs oisifs, a été gracieusement mise en scène par l’Élysée (rien que ça) et produite par les piliers de la presse écrite, avec le président de la république en personnage principal.









Si ce projet, ou du moins ses intentions, avaient été ébruitées au préalable, son succès aurait été mis en doute par quelques naïfs idéalistes. Après tout, la vie du Président devrait en théorie intéresser une personne normale autant que le bien être des jeunes captive les CRS. Malheureusement, la normalité, pour peu qu’elle implique un esprit sain, n’est en aucun cas de rigueur puisque la presse people connaît un succès inexpliqué et inexplicable. L’intérêt massif pour la chirurgie esthétique d’untel ou le régime d’une autre est un mystère, autrement plus noueux que la complexité mathématique des équations de la théorie des cordes.



Maintenant que le plan est effectif, les résultats sont saisissants. La presse écrite ne parle que de ça, même les titres les plus éminents de l’analyse politique s’y mettent. En effet, la presse devient peopolitique ; et dans sa recherche d’audience, elle oublie la qualité du contenu, offensant affreusement ses fidèles lecteurs qui voyaient, initialement, en ces piliers sérieux du journalisme, un asile protecteur de l’abrutissante people mania.
Le raz-de-marée médiatique n’est pas prêt de s’arrêter, au vu de l’ostentatoire relation fraîchement commencée entre Nicolas Sarkozy et la chanteuse Carla Bruni, de treize ans plus jeune et de treize centimètres plus grande. Le couple fait couler beaucoup d’encre et vendre beaucoup de paperasse. Croire que cette effusion médiatique est non désirée par le Président de la république ne relève plus de la naïveté candide, mais de l’imbécillité brute. Fils d’une époque où l’image règne en maître, il a su manipuler les médias pour accéder au pouvoir. Si certains donnent leur âme au diable en vue de l’omnipotence, le « dictateur pygmée » (Voltaire, en parlant de Napoléon), lui,  a offert sa vie privée aux médias. Et il n’est point blâmable pour cela : en effet, en comptant sur le mauvais goût et le voyeurisme nationaux, il a su répondre aux besoins du peuple qu’il représente, et rapprocher le français moyen de « la vie politique ».


Leur relation ne nous regarde pas.

Quatre consonnes et trois voyelles c'est le prénom de Nicolas
 (8)
Lundi 3 décembre 2007
Lorsque l'on ne connaît pas Nice et que l'on ne se fie qu'au site Internet de la côte d'Azur, qui en parle comme d'une ville au patrimoine imposant, on serait tenté de croire que Oui, Nice ferait une bonne capitale de la culture. Malheureusement, la réalité s'avère toute autre, pour peu que l'on y ait séjourné plus d'une quinzaine de jours : Nice est aussi apte à symboliser la culture que la tecktonik l'esprit critique. Il est évidemment impossible de nier que la ville compte en son sein quelques musées et oeuvres d'art contemporain (comme l'hideuse sculpture industrielle d'un jaune criard de l'arrière-pays de Nice ; illustration à venir), mais il est hypocrite, voire rigoureusement mensonger, de pousser l'hyperbole jusqu'à affirmer qu'elle en regorge.





Car, quand on évoque Nice, l'on est à mille lieues d'y associer culture, musées ou sculputure, aussi laide soit-elle ; l'on pense plutôt à la plage (et à ses foutus galets), aux riches pédants, au soleil tapageur, aux dragueurs tout aussi tapageurs, à la vie de nuit et son lot de petits cons, et aux déguisements urbains fashion victims. Les fashion victims sont les seules  victimes fières de l'être. Ce tableau a ce petit quelque chose de grotesque mais de tellement pathétique, qui attire inévitablement la compassion (on imagine la vieille tête de turc du lycée, l'objet de tous les supplices, sortir de la douche des garçons en boitillant, un tube de vaseline fièrement mis en évidence)




Comment peut-on nommer capitale de la culture européenne une ville dont les habitants s'enorgueillissent d'être les précurseurs des meilleures modes en France, modes importées directement d'Italie ? Comment peut-on qualifier de culturelle la cité où la superficialité est à son apogée ?
En effet, la jeunesse niçoise fait partie de ces populations suffisamment optimistes pour s'imaginer qu'un soin vestimentaire sortant de l'ordinaire (et dérivant vaniteusement dans le ridicule) peut faire excuser un manque absolu d'idées. Sans vouloir généraliser (puisque généraliser, c'est être intolérant, et l'intolérance c'est caca-boudin et en plus, ça tue le dialogue, et que tuer le dialogue, c'est caca-boudin bis), la fatuité est  un  leitmotiv collectif, et le stéréotype un idéal à atteindre.

Quelques blogs triés sur le volet :
http://bisounourse-06.skyrock.com/ ; l'écervelé italien qui les brise à tout le monde avec son fashionpatriotisme ;  h
ttp://nos-06.skyrock.com/


Cessons de casser du sucre sur le dos d'autrui, et clôturons cette nouvelle pensée médiocre et subjective par L'argument irréfutable : Jenifer est niçoise.




Vendredi 9 novembre 2007



La démocratie, cette oppression du peuple par le peuple, système imparfait mais qui reste indiscutablement le meilleur, crée quelques excès sinon effarants, ridicules. Le peuple,  jadis docile, est désormais mû par le désir de voter ab hoc et ab hac, avec cette énergique enthousiasme propre aux adolescents à l’anarchisme naissant.

Le monde moderne tout comme l’un peu moins moderne,  avec son amour des élections, a généré de monstrueuses âneries politiques - Hitler, Bush, Schwarzenegger, Sarkozy et Royal au deuxième tour des élections législatives françaises – et de nombreuses absurdités et blasphèmes artistiques. Passons sur les élections parfaitement inutiles, qui exaltent cependant le peuple : comme le fort médiatique concours de dindes, Miss France, massivement suivi par un poulailler surexcité et écervelé ; et revenons-en aux réels affronts impardonnables. Par exemple, la Star Academy, et Co, où la popularité est plus importante que le talent, où le public vote pour la personne (personnage serait un tantinet plus approprié) et non pour l’artiste.

Autre stupidité effarante, insulte aberrante à l’esthétisme et au patrimoine : les élections des nouvelles merveilles du monde. Ne nous attardons point sur l’objectivité inexistante du projet, lancé par des étasuniens et focalisé majoritairement sur des ouvrages sur le continent américain, mais délectons-nous plutôt des critères de sélection  (avant-gardisme, modernité, ingéniosité physique) qui omettent toute notion d’esthétisme.


 


Repassez pour les merveilles, et merci.


Une élection grotesque se renouvelle depuis longtemps : l'élection de la capitale de la culture européenne. Quintessence de la sottise que voilà ! Capitale de la culture. Explications sur cet obscur concept ? Chaque ville est durant une année, une capitale de la culture. Un titre qui ne signifie intrinsèquement rien, mais qui sera du plus bel effet sur des pancartes placés un peu partout et qui fera de ladite cité le pied-à-terre de beaucoup d'artistes
- un peu comme les mondanités, le temps d'une année, de la gagnante du concours de dindes cité plus haut. C'est bien, c'est beau, c'est émouvant… tous ces transports de culture hors-frontières, mais quels sont les critères ? Que signifie ce diplôme pseudo-prestigieux mais qui fait le tour de toutes les mains ?


Puisqu'elle est basée encore sur des votes, les étudiants sont chaleureusement conviés à voter. La plupart voteront par patriotisme exclusif, le reste ne votera pas par inintérêt. Sans critères corrects, ces suffrages ne sont nullement concluants, et surtout subjectifs.

 


Un jour, New York sera la capitale du respect de l'environnement, Paris la ville des bicyclettes, Hollywood la capitale de l'humilité, Stockholm partisane de la prohibition de l'alcool et Nice capitale de la culture.


Diantre, cette dernière y est candidate pour 2013.


Mercredi 7 novembre 2007
Une pincée d’accords grinçants, un doigt de fausse rébellion –je vous laisse imaginer lequel, une base vocale inexistante : Avril Lavigne, un cocktail qui saoule.





Icône d’une jeunesse en mal de repères et de bon goût, Avril Lavigne aura au moins eu le mérite de démontrer qu’atteindre le zéro absolu était possible, n’en déplaise aux amoureux d’Einstein et de son irritante relativité. Il était peu aisé de parvenir à tomber aussi bas, et bien qu’Avril Lavigne aie déjà commencé au ras des pâquerettes, reconnaissons-lui gracieusement le caractère spectaculaire de sa chute.
Avril Lavigne était une jeune brune qui chantait faux, qui s’identifiait à un courant qui la rejetait avec un dégoût non dissimulé, qui critiquait les popstars et leur apparente superficialité et qui protestait effrontément contre le marketing en oubliant sciemment qu’il était laborieux d’être plus formaté qu’elle. Néanmoins, la nullité de ses chansons  n’ayant d’égal que la promptitude avec laquelle elle retourne sa veste – ou plutôt la troque en échange d'un débardeur à points - elle crée surprise et pitié en s’affichant en blonde platine, affublée d’un chemisier à pois ; Paris Hilton n’a qu’à bien se tenir. Les fresques vestimentaires d’Avril Lavigne n’ont certes aucun intérêt, mais il n’est point interdit de se délecter du caractère ironique que revêtent les audacieuses moqueries de l’hôpital sur la charité. En ce sens, ses habits ne font que couvrir de ridicule une nullité déjà pathétique, et ne constituent que l’olive avariée d’un martini indigeste.


 Car les chansons d’Avril Lavigne sont intrinsèquement un faste mirifique de mauvaise musique, en atteste sans méprise possible son dernier album : the best damn thing. À l’image du morceau éponyme, les chansons sont basées sur de l’instrumental racoleur et des paroles adolescentes. Mais ne nous le cachons pas, la voix terriblement peu juste de la greluche de la pop rock (ce style devenu le tiroir fourre-tout d’une jeunesse remballée par le rock mais suffisamment stupide et élitiste pour refuser la pop) avertissait de la qualité immanquablement absente. Entre la pénurie musicaliste que l’on connaît au fond sonore de ses habituelles chansons et la fameuse fausseté de sa voix, la qualité de ce dernier album était un bébé mort-né. Et ce ne sont certainement pas ses prouesses en live qui y changeront quoi que ce soit : Souriez (chop sey). Autrement, ses paroles sont toujours aussi inintéressantes, en atteste  son tube  : girlfriend ; Outre le thème passablement vu et revu, cuisiné à toutes les sauces et associé à tous les condiments, la chanson est un désert d'inventivité où la profondeur est une notion si abstraite qu'elle n'y est même pas mirage.
Ainsi, Mademoiselle Lavigne n'aime pas la petite amie d'un jeune homme, s'improvise le droit de lui ordonner de la jeter, et de lui interdire jusqu'à la prononciation de son prénom. Fort bien et grand bien lui fasse – mais nul doute qu'il aurait été préférable qu'elle s'abstienne de le brailler. Le clip, quant à lui, donnerait une leçon de kitsch et de mauvais goût à Lorie et Priscilla grâce à des tons chromatiques ambiance sitcom des années quatre-vingts et des poncifs à loisir, avec la vilaine rousse pas belle et pas cool qui tombe finalement et grassement dans la mare.


La popularité de certains chanteurs devrait bientôt ôter tout espoir en l'humanité aux plus optimistes. Amen.

NDLR:
Une horreur audiovisuelle que j'ai choisi de décrire dans les grandes lignes pour m'amuser un jour d'ennui, mais dont la nullité m'incite à me remettre en question : n'est-ce pas donner trop d'importance à cette imposture artistique ? N'est-il pas trop facile de tirer sur l'ambulance ?

NDLR bis :
Billet écrit il y a plus de deux mois, mais faut bien vous donner quelque chose à vous mettre sous la dent ! Encore désolée.

Mercredi 7 novembre 2007
Le développement polyvalent des liens d'interdépendance entre hommes est à son apogée. Aux portes de la mondialisation, les plus utopistes ont cru en l’extension effective de la notion de citoyen du monde : une identité pacifiste rejetant l’essence même des frontières, des pays et des clivages entre les hommes. Une philosophie stoïcienne qui repousse toute discrimination qui se baserait sur les croyances, l’origine ou le sexe. Ironie du sort : l’intolérance et le sectarisme atteignent justement des sommets vertigineux : le terrorisme islamiste, la polémique enflammée –c’est le cas de le dire- des caricatures de Mahomet, le communautarisme de la gay pride et afin de passer de Scylla en Charybde, le phénomène intrigant des nationalités à la mode. Désormais, et comme si les gouvernements ne se chargeaient pas suffisamment de séparer les humains, la citoyenneté revêt une autre importance : la tendance. Il est communément admis qu’être italien, africain, maghrébin ou polonais confère un prestige propre  charmer les puceaux amateurs de commentaires jouissifs sur les stars de la skyblogosphère française et à flatter les jeunes dont les sources de satisfaction se limitent à un critère aussi dérisoire que la nationalité. Les mots polak, rital, rebeu et black fleurissent sur internet comme de la mauvaise herbe; de la mauvaise herbe, exactement. De vils parasites indésirables mais qui font immanquablement partie du paysage.




 En effet, appartenir à tel ou tel pays est source d’une superbe et d’une fierté fort peu spirituelles. S’enorgueillir d’une origine ethnique où le mérite est inexistant repousse les limites préétablies de l’absurde et du pathétique. Des ces burlesques causes naissent des conséquences non moins risibles : le vingt-et-unième siècle aura ainsi connu une vogue des plus ridicules, pour être politiquement correct : la recherche constante d’une appartenance aux pays branchés ou dits exotiques ; les précurseurs comme les suiveurs de cette mode semblent oublier que s’il pouvait n’exister qu’un concept de relatif, ce serait bien l'exotisme. Une quête basse et continue des gènes oubliés pour avoir l'apanage d'exposer sur son skyblog un photomontage avecle drapeau dudit pays (avec le numéro du département s'il vous plaît !).Des tendances anodines qui pourraient fort bien trahir un esprit compartimentaliste chez une jeunesse individualiste qui cherche la distinction à tout prix, sans avoir la présence d'esprit qui va avec. Triste.


Moom, la marocaine du 06.
Mardi 24 juillet 2007
En ces temps hypocrites où le mot tolérance est plus galvaudé que le mot amour (c’est dire), le droit légitime, basique et incontestable qu’est la liberté d’expression devient de plus en plus bafoué par des parangons de la tolérance auto-déclarés. Auto-déclarés car ce serait insulter l’essence même de l’harmonie et de la tolérance que de qualifier ces couards de l’intellect de tolérants. La liberté d’expression qui conférait à chacun le droit de la description, de l’opinion, de la critique et des louanges est de plus en plus limitée. S’étant à grand-peine libérée du joug de la censure des bien-pensants, elle se heurte désormais aux murs d’une pusillanimité justifiée par cette sublimissime tolérance. Il ne faut pas juger.
Ne pas juger, quelle maladroite merveille sémique tout de même. Alors que les majors ont pensé à la réforme des sept merveilles du monde, je pense à l’instauration des sept merveilles de l’aberration.


Ne pas juger, une phrase populaire qui n’a même pas l’élémentaire décence d’être recherchée ; trois mots que l’on se passe tel un relais bienveillant et sous lesquels l’on s’abrite à la moindre goutte de rosée dérangeant le brushing. Ou comment abolir un des fondements de toutes les langues du monde, de la communication en somme : la description qualificative.

En effet, il est désormais impossible de faire remarquer gracieusement à une personne qu’elle  semble prétentieuse, illogique, agaçante ou inintéressante à moins de tenir singulièrement à être traité d’intolérant prompt au jugement – et préciser que cela relève davantage de l’ordre du constat que celui du jugement n’arrangera rien. Bien entendu, et je suis consciente que la remarque ci-après est particulièrement surannée : les adjectifs appréciatifs ne sont pas perçus comme du jugement. L’être humain est sensible à la flatterie, même si elle revêt les traits grossiers d’une basse flagornerie. Le jugement, qui par définition est positif et négatif, favorable et défavorable, mélioratif et péjoratif dans les limites de la subjectivité, ne s’illustre dans le domaine de la tolérance que s’il a le malheur de ne pas être digne d’une groupie jouissive. La moindre réserve est passible d’indignation et la moindre critique de lapidation.


Ah ! Parlons-en de cette critique, de cette pratique qui ne fait définitivement pas l’unanimité – ce qui est compréhensible. Décortiquer dans le but unique et inique de détruire le travail d’autrui doit paraître quelque peublâmable. Peu importe, la critique se soumet intrinsèquement aux avis partagés. Or, se heurter à quelques protestations aussi naïves que : «si t’aimes pas, critique pas» est
in extenso comique. Si ces malhabiles contestations n’affectent en rien le chemin de la plume assassine motivée, elles introduisent un questionnement sérieux sur l'existence d'un malaise : une peur de la différence, une phobie de la contradiction qui nuisent à la tolérance, la vraie.





Toutes ces lignes pour introduire : Tokio Hotel est une daube, abrutis.
Jeudi 12 juillet 2007
Autant l’annoncer d’emblée : je vais paraître grossière. Parce que c’est être artistiquement incorrect, ces temps-ci, que de ne point s’extasier béatement devant le talent de Mademoiselle Coppola, parce que c’est faire preuve d’un blâmable mauvais goût et d’un perfectionnisme désuet que de ne pas s’enthousiasmer outre mesure devant les anachronismes, même imbéciles, d’une estimée et prétendue prodige de la réalisation. Anchronismes qui caractérisent de manière particulièrement pénible la récente réalisation de la cadette Coppola : Marie-Antoinette.










L’
affiche annonce littéralement la couleur du film : du rose, et du mauvais. La police des caractères du titre figurant dans l’affiche, bien fuschia, laisse quant à elle présager le pire en matières d’anachronismes : du jeunisme à coup sûr lamentable. Cette désagréable impression est promptement confirmée : une bande son singulièrement médiocre en raison d’une voix éraillée et d’accords de guitares qui ne brille que dans la banalité. De la pop-rock pitoyable en somme, qui réussirait presque à faire passer les membres de Tokio Hotel pour des génies de la musique. Un jeunisme si déphasé et tellement imposé qu’il tombe dans le consensuel le plus plat : plus tard, des converse couleur bleu-violet trôneront effrontément auprès de quelques merveilles de la Haute Chaussure tandis que des parisiens du dix-neuvième siècle danseront allègrement sur la même pop-rock dérangeante. De grâce, que l’on ne qualifie pas ces maladresses lamentables de « décalages » et d’«audace », ne serait-ce que par respect pour ceux qui en usent réellement avec habileté et justesse.




L’introduction est plate à souhait, en cela elle introduit fort bien le déroulement des actions du film : une incessante suite de scènes répétitives, muettes, parsemées néanmoins de rares dialogues inintéressants et insipides. Une stérilité émotionnelle exceptionnelle qui enfonce le spectateur dans une léthargie chronique, dont il n’est tiré que pour s’extasier devant la beauté de Kirsten Dunst, ou au contraire, pour pester contre la jeune actrice, qui semble avoir abandonné ses livres d’histoire au profit d’une préparation auprès des jouvencelles à peine pubères des agences de mannequinat. Des acteurs lisses comme du marbre, fades comme des huîtres sans citron qui, au lieu de sauver la platitude du scénario, l’enfoncent sans une once de ménagement. Car aucun fait ne marque, en lui-même : seul le détail inlassablement réitéré y prétend, au même titre que le désintérêt culturel des scénaristes. Si vous pensez que l’histoire de Marie-Antoinette comporte moult faits passionnants (tels la guillotine, le procès, l’avant-procès, la manipulation viennoise dont elle était victime à Versailles même, la révolution française), permettez à Miss Coppola  de vous détromper. De la vie de la reine, vous n’êtes censés retenir que les pâtisseries, les chaussures et la frustration sexuelle. Ou comment préférer les minauderies adolescentes à l’aspect historique infiniment plus intéressant du contexte. Une mièvrerie et un simplisme américains grandioses - veuillez excuser la redondance.* Ce film est une évocation de la vie d'une Marie-Antoinette peinte telle une Paris Hilton du dix-neuvième siècle - la levrette en moins. Un retour inintéressant sur les coulisses de Versailles, avec le professionnalisme rétrospectif que l'on connaît aux magazines People.

Enfin, cerise sur le navet : les erreurs historiques. Extrapoler des rumeurs, ne pas maîtriser ses cours d’histoire et spéculer sur l’intimité d’une reine sont  d’une irresponsabilité rare, à l’heure où le désintérêt de la culture se fait de plus en plus cruel et où les films deviennent des références de vérité pour une jeunesse de plus en plus abrutie. Depuis quand le sacre a-t-il lieu à Versailles ? Qui prouve que Marie Antoinette a bel et bien eu une relation avec Axel de Fersen ? De même, depuis quand la grâcieuse Madame du Barry, qui charma Voltaire lui-même, est-elle une immonde rustre aux manières barbares ?


•  Points négatifs :
Ressources système insuffisantes.
• Points positifs :
Les images sont splendides et les costumes exceptionnels. Or, quand on se permet de louer Versailles, le mérite est-t-il réellement présent ? Autrement, ce film est un excellent somnifère. Sofia Coppola, au-delà des limites que fixent la réalisation, ne s’est pas contentée de retranscrire avec exactitude l’ennui de la jeune reine, mais a également tenu à créer un lien empathique entre Marie-Antoinette et le public : il s’ennuie.



Après lost in translation, Sofia Coppola assume l'amour ostentatoirement sensible qu'elle semble porter à  l’ennui. Et s’y distingue quand il s'agit de le filmer. Elle réussit avec ce dernier "opus" à créer un film caractéristique d’une jeunesse qui se surestime, mais qui manque cruellement de culture et de subtilité. Magistral.
Mardi 26 juin 2007
Mise en contexte personnelle, donc inutile:
Avant que l’on ne m’accuse de scatophilie ou de scatologie, il faut considérer le contexte. Une moom fatiguée, excédée d’étudier en Juin. L’École fréquentée est américaine, donc les gardes sont paranoïaques. Après moult examens de sécurité (auxquels ne manquait que l’auscultation gynécologique), je pénétrai enfin en classe. Le sujet était propice à la philosophie vaseuse, et vous ayant promis une mise à jour régulière, je traduis le texte en français.
On comprendra néanmoins grâce à ce billet pourquoi je ne publie jamais de poème.







N’en déplaise à notre Jacques Dutronc préféré qui scandait effrontément ses mignonnettes comparaisons, le monde entier n’est pas un cactus, mais un amas de merdes. Cette brillante théorie, sortie tout droit de ma pitoyable et merdique imagination, illustre tout à fait une vision du monde fraîche et nouvelle, un vent d’humilité dans les d’ores et déjà poussiéreux narcissisme et pédantisme humains, un ouragan de fraîcheur dans le Texas de la suffisance et de la vanité.

Derrière ce mot peu élégant se cache donc la théorie du « nous sommes tous des merdes », savamment extrapolée d’une contemplation profonde de ma personne, d’une considération respectueuse de l’étendard de l’égalité brandi en ce vingt-et-unième avec l’insistance de cette connasse de Pandore à ouvrir la boîte et surtout, des paroles d’un ancien amoureux («il faut comprendre que tu es une merde, comme nous tous»).

La validité d’une théorie ne doit rien à l’origine de sa naissance et tout à sa pertinence. La ressemblance frappante entre l’approche du sujet dans la théorie de la merde et les hommes donnent beaucoup plus de crédibilité à cette théorie. Les merdes sont distinctes les unes des autres, mais leurs catégories sont fortement intéressantes.
Classons-les donc de manière aussi succincte que possible, d’abord selon leur aspect puis selon des critères un tantinet plus recherchés.

-    Les grosses.
-    Les minuscules.
-    Des rondes.
-    Des longues, en cylindre.
-    Les dures, les solides. Ces rocs physiologiques qui imposent un respect admiratif.
-    Les molles, inintéressantes à souhait, oubliées sitôt quittées, c'est-à-dire avec empressement.
-    Les puantes : craintes et évitées tant que possible. À approcher en étant équipé.
-    Les intelligentes (dont on est fier). Rapides, sans odeur, sans écho. Des Arsène Lupin du plongeon rectal, en quelque sorte. Une minutie impressionnante et un calcul précis  signes d’un intellect indéniable.
-    Les parfaites, inégalées et enviées par la commune des déjections. À la fois intelligentes et physiquement respectables, elles représentent l’idéal excrémentiel.
-    Les maladroites, rapides (considérées comme ratées) : mal vues et sources de soupirs lassés du fait du dérangement causé.
-     Celles qui portent en leur apparence les estampilles du passé (des pépins noirs de pastèque, par exemple).



Un peu à l’image des humains, non ? Cela dit, je n’ai pas trouvé de catégorie de merde qui n’aime justement pas être dans des cases et ne s'insurge pas avec véhémence quand c'est le cas. Elles m’excuseront toutes, donc. Pour les humains, c’est déjà moins certain.

L’établissement de l’analogie étant révélé, je peux donc légitimement et sans rougir affirmer que le monde est un amas de merdes.

Morale qui n'a aucun rapport, a priori : Peu importe l’angle considéré, une merde est une merde.


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