Pour la mise à jour promise, elle est en première page sur Moom-Light.com.
Toutes les mises à jour s'y feront désormais, voilà. :)
Bonne lecture.
Il est certains films affreusement célèbres, mais que la critique se charge de démolir, n’en déplaise au budget parfois monstrueux dédié à la communication. Tel est le cas du dernier Astérix, une perle en le domaine. Un navet, dans toute son éperdue fadeur, une bouse, dans toute son infinie puanteur, un bide, dans sa toute grasse laideur. Les millions d’euros cramés pour la promotion, la myriade de stars à l’affiche sont autant d’emballages propres à intéresser dans un premier temps, et à écœurer dans un second. Ce film est une bouse dans un écrin, et cela lui fut copieusement signifié par un public déçu et par des critiques invétérés. Le film n’est pour ainsi dire utile que parce que sa nullité rend hommage à Chabat, réalisateur du précédent opus. Le malheur des uns fait le bonheur des autres. La médiocrité de certains sublime le talent des autres.
Il est toutefois des impostures plus navrantes, qui dépassent de loin la promotion abusive, qui atteignent un public aveugle qui les acclament et qui corrompent une critique qui les encensent. Le plus criant exemple : Bienvenue chez les ch’tis. Le film se base sur un mensonge éhonté, à savoir qu’il existe une vie après Paris. Fourberie.
Attention, ceci est un spoiler qu’il faut absolument lire si vous n’avez pas vu le film. Vous me remercierez plus tard.
Ainsi, le scénario, si tant que ce dégueulis de blagues beaufs peut prétendre au titre de scénario, relate l’histoire d’un
directeur de poste provençal souhaitant être muté dans la côte d’azur. Pour ce faire, il n’hésite pas à se faire passer pour un handicapé. La supercherie étant, comme prévu, découverte, il est
puni via une mu
tation cruelle et infâme dans le Nord. Cette mutation suscite la seule émotion susceptible de pointer le bout de son nez durant le film : une compassion profonde et sincère pour ce pauvre
homme. Evidemment, le fonctionnaire est marié à une râleuse imbuvable, cela va de soi. L’actrice est laide comme un pou, toute aussi pénible mais
elle ne saurait, hélas, prétendre jouer à moitié aussi bien que ledit parasite. Mais l’actrice s’appelant Zoé Félix (bonheur), il est indulgent et fort magnanime de voir en son nom l’excuse
suprême à son piètre jeu d’actrice : l’incapacité prédéterminé à feindre la névrose ; ou toute autre état ne relevant pas de la béate expression bovine d’une simplette
irrécupérable. Beati pauperes spiritu. Quand le directeur de la poste s’installe, et en bonne girouette, se plaît dans une « ville » au Nord-Pas-de-Calais, Bergues, il ment
abondamment au panier de préjugés qui lui sert de femme, qui d’ailleurs finit par découvrir le pot aux roses, à cause de la balance qui lui sert
d’employée.
[ Vous suivez ? Vous ne vous emmêlez pas les pinceaux avec tous ces objets ? ]
Happy End du film : il quitte le Nord en pleurant et embrasse impudemment sa femme devant une école primaire. Comme si un individu suffisamment cynique pour feindre l’handicap moteur pouvait pleurer d’émotion en quittant une petite ville tellement paumée que le soleil l’évite consciencieusement aussi.
Sad End pour le public : tout, absolument tout, laisse à croire que les chtis descendront au Sud. Au secours.
Dans ce « film », Dany Boon reprend courageusement ses caricatures sur les nordistes. Fortes fortuna juvat oblige, la recette est gagnante : « bienvenue chez les Ch’tis » est extraordinairement, que dis-je, immensément, infiniment, ridiculement apprécié. La décence m’interdit de mentionner les entrées et les bénéfices du film. Merci de votre compréhension. De là s’impose une question existentielle : comment un film, avec des blagues aussi beaufs, peut-il être si populaire – même chez l’intelligentsia journalistique parisienne ? La première réponse serait la nécessité de nous remettre en question, moi et mon insatisfaction cinématographique chronique. Mais ce n’est malheureusement pas dans mes habitudes. La seconde serait … Je ne sais pas. Ma rhétorique m’abandonne, je ne puis user de quelque soubresaut stylistique pour éviter d’avouer l’inavouable. Je ne sais pas ; mais je n’en ai pas honte. Ce succès est un mystère. Il est impossible d’expliquer cette unanimité effrayante et cet engouement impressionnant et irréfléchi. Une once d’esprit critique avertit du caractère fatalement picard chti d’un humour au ras-des-pâquerettes et de la désolation intellectuelle d’un scénario au fond du gouffre. Mais non, personne ne se rebiffe. Même les critiques, éléments salvateurs à la rescousse du bon goût et de la culture, sont abusés et unanimes. Quelle triste interprétation de la pensée cartésienne, tout de même : personne ne pense, mais tout le monde suit.
Selon la critique, ce film affreusement régressif serait LA bouffée d’oxygène dont les français avaient besoin. Quelle condescendance ! Dire que les français aiment les bouses relève du constat. Dire que les français ont besoin des bouses est une ignominieuse insulte.
Pour finir,
l’effet de mode atteint des proportions de crise : la petite ville de Bergues, somme toute peu jolie, est en phase de devenir une ville touristique grâce au à cause du Chti Tour
(attraction abrutissante qui consiste en la présentation des divers lieux de tournage à des abrutis). Pis encore, l’infect fromage du nord, maroilles, jusque là oublié à juste titre par les
papilles gustatives et les capteurs olfactifs avisés, fait son grand retour. Au grand dam des amateurs de l’haleine fraîche.
L’excitation populaire est inversement proportionnelle à la qualité du film. Reste que ce film est, dans l’absolu, une implicite humiliation des gens du nord : pour dire que ces derniers ne sont pas des bouseux, ce dont personne ne doute, il aurait été tout de même préférable de ne pas leur dédier une bouse.
Anecdote : Lepen, ayant vu le film, n’est également pas emballé. Selon lui, les chtis ne ressemblent pas aux héros du film, et pour cause, ces derniers sont … arabes. Le borgne ne changera décidément jamais. :’)
Mise à jour du lundi soir : critique sociale.
Toute vérité est bonne à dire, paraît-il.
Lorsque l’on connaît l’inutilité de certaines vérités ou la subjectivité inhérente à la notion même de vérité quantifiable, l’on ne peut que s’insurger, s’indigner, s’émouvoir, taper du pied contre une insouciance générale qui permet à des horreurs sémantiques pareilles de cheminer paisiblement. Après le branle-bas de combat penseur, vient immédiatement la langueur, pour ne laisser place qu’à une exaspération brute : somme toute, ce n’est qu’un proverbe de plus dans la marée des citations émétiques.
Mais ce qui est déjà plus gênant, avec ce genre d’aphorisme excrémentiel, c’est que l’on ne les oublie point. L’on a plus tendance à ne pas y penser, à les ignorer temporairement, à les ranger dans un des coins du cerveau inutilisés la plupart du temps, mais ils ont tôt fait de revenir pernicieusement à la surface au moindre petit signe extérieur, vifs et perfides, afin de polluer cet énième esprit las et languide – ce même esprit exténué qui contribuait tranquillement à l’insouciance intellectuelle qu’il avait d’abord blâmée.
Ledit adage est, ainsi, particulièrement pénible lorsqu’il réapparaît dans notre vie quotidienne sans préavis, tel un clown jaillissant de sa boîte. Pis encore, il constitue un horrible supplice quand il incarne la sournoise devise vendeuse d’un magazine qui collectionne les merdes comme d’autres le papier hygiénique (ici), j’ai nommé Entrevue.
Entrevue est l’une de ces revues qui rendent l’étalage du marchand de journaux tout à fait semblable à celui du boucher : une exhibition de viande à peine emballée.
En effet, ledit magazine n’a tiré de ses seize longues années d’expérience aucune idée particulièrement brillante pour en faire une revue à succès, à part la systématique mise en scène sur la couverture d’une femme en tenue légère.
Quant au thème traité dans cette feuille de chou, ledit « magazine » est bien trop disparate pour être correctement structuré ou organisé autour d’un panel appréciable de sujets. Toutefois, s’il fallait à tout prix trouver quelque similitude, nul doute que ce trait commun relèverait du méthodique et non du thématique : l’abondance incontestablement fluctueuse du médiocre.
En vrac, cela parle de sexe, de Trash, de sexe, de potins, de sexe, de people, de sexe, de télé et de sexe ; d’inutile en somme. Ce jugement n’a rien de pudibond, puisqu’il est convenu que le traitement de la sexualité n’est guère blâmable, mais c‘est plutôt le fait de considérer les lecteurs comme des clitoris et des pénis dressés qui est non seulement inintéressant, mais également injurieux. Certes, les lecteurs acheteurs sont un combiné pathétique de crânes désertés et d’organes génitaux affamés, mais il n’en reste pas moins que l’audace ayant donné un coup de branle à la commercialisation de ce magazine est initialement une sérieuse insulte intellectuelle.
De plus, les journalistes, si tant qu’on peut les appeler journalistes, ne sont résolument pas aptes à rattraper un tant soit peu la nullité idiotoriale éditoriale. Ils poussent le vice jusqu’à avoir non pas un cheveu dans la main, mais la tresse de Raiponce. En d’autres termes, ils n’en branlent pas une ils ne font assurément aucune once d’effort : ils se contentent d’éditer le vu et revu d’Internet sans une ombre d’effort de rédaction ou de créativité, et de faire circuler des potins dérisoires sur une star toute aussi dérisoire. Ainsi, si oser publier les excréments du web est déjà fort culotté, faire payer pour accéder aux poubelles est on ne peut plus scandaleux.
Un dossier n’est pas un dossier parce que c’est écrit en gras, n’en déplaise au chef de rédaction d’Entrevue.
Un dossier, dans le vocabulaire journalistique, est une compilation pertinente d’informations, de renseignements, de critiques construites (positives ou négatives) de faits et de dates, reliés entre eux d’une manière parfaitement cohérente et judicieuse, qui dépasse de fort loin l’énumération insipide. Initialement, le sujet doit être intéressant et relativement important à connaître, tel qu’il est primordial de ne pas traiter de platitudes superflues et d’éviter de lasser avec un thème somme toute assommant. Vient l’analyse de l’information elle-même, où il ne faut ni omettre l’essentiel ni surabonder dans le fastidieux. L’analyse évidemment ne se passe pas de son corollaire indispensable ; la réflexion est en effet de mise dans certains genres de dossiers, puisqu’il s’agit de présenter une compilation aussi plénière que possible. L’avis argumenté se greffe sur des informations épurées pour offrir au lecteur, finalement, le choix et le droit inaliénable d’adhérer, de contrer ou d’ignorer. C’est là toute la difficulté de l’acrobatie professionnelle, qui jongle plus ou moins savamment avec l’utile et l’agréable, le vérifié et le pensé.
Or, et malgré toute la bonne foi, la naïveté et l’enthousiasme imaginables, il est tout bonnement impossible de trouver un iota de professionnalisme aux dossiers d’Entrevue, en atteste sans méprise possible leur site. (Image ci-dessus, cliquer pour agrandir)
La quête du Saint Graal serait autrement plus concluante que la recherche de pertinence ou d’importance dans les collections d’inepties insignifiantes qu’affiche le numéro actuel :
Je cite, puisqu’il est question d’énumérations insipides ci-dessus :
- Les divorces les plus coûteux du showbiz
Nous fûmes avisés : le succès des antidépresseurs et des pilules euphorisantes annonçait sans détour que notre si merveilleuse et prodigieuse époque porterait immanquablement le sceau d’un désespoir ambiant. Bien trop imbus de notre personne et trop centrés sur not
re passionnante vie, nous ne prêtons guère d’importance aux statistiques concernant les quelques suicidaires et insatisfaits de la vie habituels. Après tout, si darwinisme il y a, il est tout à fait normal qu’il s’attelle autant à l’évolution des espèces qu’à l’évolution des individus et à leur ascension dans la société - D’ailleurs, le darwinisme social servit de base à quelques idéologies particulièrement vomitives comme l’impérialisme, l’eugénisme ou encore ce cher nazisme. Si les plus forts seulement peuvent survivre, les autres ne sont que des brebis galeuses, sacrifiées au nom de la sacro-sainte évolution et d’un Bien collectif ; nous devrions donc n’en avoir cure. Et nous ne en sommes point soucié, en effet, jusqu’à la révélation évidente d’une vérité certaine et assurément non récente : la répétitivité intellectuelle. Le découragement, non content de son quota substantiel de victimes autodestructrices, s’avéra gourmand de créativité. Voire carrément glouton, si l’on se réfère aux résultats : la créativité culturelle n’est plus. Ou presque plus, pour ne pas insulter quelques méritantes âmes. Deux questions se posent alors. Primo, quel est le rapport entre découragement et pénurie intellectuelle ? Réponse simple : lasses, les personnes croient que tout a été pensé, créé, réfléchi, et se contentent désormais d’attiédir le congelé, et de réchauffer le réchauffé. Secundo, pourquoi les statistiques ne nous secouent pas, mais la sécheresse inventive, si ? D’abord, parce que les statistiques sont des chiffres, et ôtent effrontément toute espèce d’humanité aux phénomènes exprimés. Ensuite, ce n’est pas l’engagement intellectuel qui en est la cause, mais l’effet de mode ; et l’effet de mode est tout puissant, est-il besoin de le rappeler ?
En effet, dans notre ère individualiste, où éthique et valeurs disparaissent progressivement*, une entité nouvelle obsède les esprit : l’intellectualisation. Ou plutôt, l’intellectualisation superficielle. Étant une mode guère plus profonde que les autres courants, l’intérêt pour l’intellect qu’elle véhicule n’est que surface et apparat, et ne trahit nullement un changement réel social. Ainsi, s’il est désormais chose commune que tout le monde se mette à tout intellectualiser tout le temps, il appert également que certains échouent lamentablement dans leur tentative risible d’acquérir un passeport culturel. Il est donc parfaitement probable de voir une ravissante greluche fieffée de plus de dix-huit ans soliloquer sur une Tyra Banks (Qui est-ce ?) moche sans maquillage et ayant Closer comme bible, déclarer à ses amies toutes aussi ravissantes qu’elle a largué Petit Ami n°4 car il n’était pas assez intelligent pour elle.
Mais ne nous attardons pas sur les truismes.
La répétitivité intellectuelle n’est honnie, au final, que parce que quelques personnes averties l’ont estimée désastreuse et parce qu’une pléthore d’autres personnes ont voulu se faire passer per fas et nefas pour des personnes de goût. Malheureux suivisme ! D’aucuns oublient, en effet, que de la stagnation naît la régression, et que l’apraxie réflexive trahit un malaise enfoui et inhérent à la société, qu’il est vital non de cataloguer, mais d’analyser.
Et si la critique constructive devrait ravir, la critique non réfléchie désenchante instantanément.
À titre d’exemple, et dans un registre nettement plus léger, il n’est pas rare d’entendre un cinéphile de la dernière heure dénigrer « le cinéma actuel», estimé fort médiocre mais qu’il regarde avec intérêt.
Moralité : peu importe que la soupe qui nous est servie soit une soupe de navets, on ne devrait pas cracher dedans si on la mange.
Maintenant que le plan est effectif, les résultats sont saisissants. La presse écrite ne parle que de ça, même les titres les plus éminents de l’analyse politique s’y mettent. En effet, la presse devient peopolitique ; et dans sa recherche d’audience, elle oublie la qualité du contenu, offensant affreusement ses fidèles lecteurs qui voyaient, initialement, en ces piliers sérieux du journalisme, un asile protecteur de l’abrutissante people mania.
Repassez pour les merveilles, et merci.
Une élection grotesque se renouvelle depuis longtemps : l'élection de la capitale de la culture européenne. Quintessence de la sottise que voilà ! Capitale de la culture. Explications sur cet obscur concept ? Chaque ville est durant une année, une capitale de la culture. Un titre qui ne signifie intrinsèquement rien, mais qui sera du plus bel effet sur des pancartes placés un peu partout et qui fera de ladite cité le pied-à-terre de beaucoup d'artistes - un peu comme les mondanités, le temps d'une année, de la gagnante du concours de dindes cité plus haut. C'est bien, c'est beau, c'est émouvant… tous ces transports de culture hors-frontières, mais quels sont les critères ? Que signifie ce diplôme pseudo-prestigieux mais qui fait le tour de toutes les mains ?
Puisqu'elle est basée encore sur des votes, les étudiants sont chaleureusement conviés à voter. La plupart voteront par patriotisme exclusif, le reste ne votera pas par inintérêt. Sans critères corrects, ces suffrages ne sont nullement concluants, et surtout subjectifs.
Un jour, New York sera la capitale du respect de l'environnement, Paris la ville des bicyclettes, Hollywood la capitale de l'humilité, Stockholm partisane de la prohibition de l'alcool et Nice capitale de la culture.
Diantre, cette dernière y est candidate pour 2013.
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