Mercredi 7 novembre 2007
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Une pincée d’accords grinçants, un doigt de fausse rébellion –je vous laisse imaginer lequel, une base vocale inexistante : Avril Lavigne, un cocktail qui saoule.
Icône d’une jeunesse en mal de repères et de bon goût, Avril Lavigne aura au moins eu le mérite de démontrer qu’atteindre le zéro absolu était possible, n’en déplaise aux amoureux d’Einstein et de son irritante relativité. Il était peu aisé de parvenir à tomber aussi bas, et bien qu’Avril Lavigne aie déjà commencé au ras des pâquerettes, reconnaissons-lui gracieusement le caractère spectaculaire de sa chute.Avril Lavigne était une jeune brune qui chantait faux, qui s’identifiait à un courant qui la rejetait avec un dégoût non dissimulé, qui critiquait les popstars et leur apparente superficialité et qui protestait effrontément contre le marketing en oubliant sciemment qu’il était laborieux d’être plus formaté qu’elle. Néanmoins, la nullité de ses chansons n’ayant d’égal que la promptitude avec laquelle elle retourne sa veste – ou plutôt la troque en échange d'un débardeur à points - elle crée surprise et pitié en s’affichant en blonde platine, affublée d’un chemisier à pois ; Paris Hilton n’a qu’à bien se tenir. Les fresques vestimentaires d’Avril Lavigne n’ont certes aucun intérêt, mais il n’est point interdit de se délecter du caractère ironique que revêtent les audacieuses moqueries de l’hôpital sur la charité. En ce sens, ses habits ne font que couvrir de ridicule une nullité déjà pathétique, et ne constituent que l’olive avariée d’un martini indigeste. Car les chansons d’Avril Lavigne sont intrinsèquement un faste mirifique de mauvaise musique, en atteste sans méprise possible son dernier album : the best damn thing. À l’image du morceau éponyme, les chansons sont basées sur de l’instrumental racoleur et des paroles adolescentes. Mais ne nous le cachons pas, la voix terriblement peu juste de la greluche de la pop rock (ce style devenu le tiroir fourre-tout d’une jeunesse remballée par le rock mais suffisamment stupide et élitiste pour refuser la pop) avertissait de la qualité immanquablement absente. Entre la pénurie musicaliste que l’on connaît au fond sonore de ses habituelles chansons et la fameuse fausseté de sa voix, la qualité de ce dernier album était un bébé mort-né. Et ce ne sont certainement pas ses prouesses en live qui y changeront quoi que ce soit : Souriez (chop sey). Autrement, ses paroles sont toujours aussi inintéressantes, en atteste son tube : girlfriend ; Outre le thème passablement vu et revu, cuisiné à toutes les sauces et associé à tous les condiments, la chanson est un désert d'inventivité où la profondeur est une notion si abstraite qu'elle n'y est même pas mirage.Ainsi, Mademoiselle Lavigne n'aime pas la petite amie d'un jeune homme, s'improvise le droit de lui ordonner de la jeter, et de lui interdire jusqu'à la prononciation de son prénom. Fort bien et grand bien lui fasse – mais nul doute qu'il aurait été préférable qu'elle s'abstienne de le brailler. Le clip, quant à lui, donnerait une leçon de kitsch et de mauvais goût à Lorie et Priscilla grâce à des tons chromatiques ambiance sitcom des années quatre-vingts et des poncifs à loisir, avec la vilaine rousse pas belle et pas cool qui tombe finalement et grassement dans la mare.La popularité de certains chanteurs devrait bientôt ôter tout espoir en l'humanité aux plus optimistes. Amen.NDLR:Une horreur audiovisuelle que j'ai choisi de décrire dans les grandes lignes pour m'amuser un jour d'ennui, mais dont la nullité m'incite à me remettre en question : n'est-ce pas donner trop d'importance à cette imposture artistique ? N'est-il pas trop facile de tirer sur l'ambulance ?NDLR bis :
Billet écrit il y a plus de deux mois, mais faut bien vous donner quelque chose à vous mettre sous la dent ! Encore désolée.
Par Moom\'
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Publié dans : Langue de vipère
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