Partager l'article ! Un magazine, pour des cons, par des cons: Toute vérité est bonne à dire, paraît-il. Lorsque l’on co ...
Toute vérité est bonne à dire, paraît-il.
Lorsque l’on connaît l’inutilité de certaines vérités ou la subjectivité inhérente à la notion même de vérité quantifiable, l’on ne peut que s’insurger, s’indigner, s’émouvoir, taper du pied contre une insouciance générale qui permet à des horreurs sémantiques pareilles de cheminer paisiblement. Après le branle-bas de combat penseur, vient immédiatement la langueur, pour ne laisser place qu’à une exaspération brute : somme toute, ce n’est qu’un proverbe de plus dans la marée des citations émétiques.
Mais ce qui est déjà plus gênant, avec ce genre d’aphorisme excrémentiel, c’est que l’on ne les oublie point. L’on a plus tendance à ne pas y penser, à les ignorer temporairement, à les ranger dans un des coins du cerveau inutilisés la plupart du temps, mais ils ont tôt fait de revenir pernicieusement à la surface au moindre petit signe extérieur, vifs et perfides, afin de polluer cet énième esprit las et languide – ce même esprit exténué qui contribuait tranquillement à l’insouciance intellectuelle qu’il avait d’abord blâmée.
Ledit adage est, ainsi, particulièrement pénible lorsqu’il réapparaît dans notre vie quotidienne sans préavis, tel un clown jaillissant de sa boîte. Pis encore, il constitue un horrible supplice quand il incarne la sournoise devise vendeuse d’un magazine qui collectionne les merdes comme d’autres le papier hygiénique (ici), j’ai nommé Entrevue.
Entrevue est l’une de ces revues qui rendent l’étalage du marchand de journaux tout à fait semblable à celui du boucher : une exhibition de viande à peine emballée.
En effet, ledit magazine n’a tiré de ses seize longues années d’expérience aucune idée particulièrement brillante pour en faire une revue à succès, à part la systématique mise en scène sur la couverture d’une femme en tenue légère.
Quant au thème traité dans cette feuille de chou, ledit « magazine » est bien trop disparate pour être correctement structuré ou organisé autour d’un panel appréciable de sujets. Toutefois, s’il fallait à tout prix trouver quelque similitude, nul doute que ce trait commun relèverait du méthodique et non du thématique : l’abondance incontestablement fluctueuse du médiocre.
En vrac, cela parle de sexe, de Trash, de sexe, de potins, de sexe, de people, de sexe, de télé et de sexe ; d’inutile en somme. Ce jugement n’a rien de pudibond, puisqu’il est convenu que le traitement de la sexualité n’est guère blâmable, mais c‘est plutôt le fait de considérer les lecteurs comme des clitoris et des pénis dressés qui est non seulement inintéressant, mais également injurieux. Certes, les lecteurs acheteurs sont un combiné pathétique de crânes désertés et d’organes génitaux affamés, mais il n’en reste pas moins que l’audace ayant donné un coup de branle à la commercialisation de ce magazine est initialement une sérieuse insulte intellectuelle.
De plus, les journalistes, si tant qu’on peut les appeler journalistes, ne sont résolument pas aptes à rattraper un tant soit peu la nullité idiotoriale éditoriale. Ils poussent le vice jusqu’à avoir non pas un cheveu dans la main, mais la tresse de Raiponce. En d’autres termes, ils n’en branlent pas une ils ne font assurément aucune once d’effort : ils se contentent d’éditer le vu et revu d’Internet sans une ombre d’effort de rédaction ou de créativité, et de faire circuler des potins dérisoires sur une star toute aussi dérisoire. Ainsi, si oser publier les excréments du web est déjà fort culotté, faire payer pour accéder aux poubelles est on ne peut plus scandaleux.
Un dossier n’est pas un dossier parce que c’est écrit en gras, n’en déplaise au chef de rédaction d’Entrevue.
Un dossier, dans le vocabulaire journalistique, est une compilation pertinente d’informations, de renseignements, de critiques construites (positives ou négatives) de faits et de dates, reliés entre eux d’une manière parfaitement cohérente et judicieuse, qui dépasse de fort loin l’énumération insipide. Initialement, le sujet doit être intéressant et relativement important à connaître, tel qu’il est primordial de ne pas traiter de platitudes superflues et d’éviter de lasser avec un thème somme toute assommant. Vient l’analyse de l’information elle-même, où il ne faut ni omettre l’essentiel ni surabonder dans le fastidieux. L’analyse évidemment ne se passe pas de son corollaire indispensable ; la réflexion est en effet de mise dans certains genres de dossiers, puisqu’il s’agit de présenter une compilation aussi plénière que possible. L’avis argumenté se greffe sur des informations épurées pour offrir au lecteur, finalement, le choix et le droit inaliénable d’adhérer, de contrer ou d’ignorer. C’est là toute la difficulté de l’acrobatie professionnelle, qui jongle plus ou moins savamment avec l’utile et l’agréable, le vérifié et le pensé.
Or, et malgré toute la bonne foi, la naïveté et l’enthousiasme imaginables, il est tout bonnement impossible de trouver un iota de professionnalisme aux dossiers d’Entrevue, en atteste sans méprise possible leur site. (Image ci-dessus, cliquer pour agrandir)
La quête du Saint Graal serait autrement plus concluante que la recherche de pertinence ou d’importance dans les collections d’inepties insignifiantes qu’affiche le numéro actuel :
Je cite, puisqu’il est question d’énumérations insipides ci-dessus :
- Les divorces les plus coûteux du showbiz| Mai 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
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Bon ben je n'ai définitivement plus de lecteurs, juste quand je deviens active. :(
Y finiront bien par revenir, tout appâtés qu'ils seront par ton vocabulaire mordant =)
A propos d'Entrevue, comme je l'avais vaguement évoqué sur FJ, je partage la même opinion que toi; sauf que cette... chose (M'obligez pas à dire "Revue" ou "Magazine", par pitié), si elle était passée sous mes dents, n'aurait pas eu droit à des explications aussi sensées que les tiennes (Comprendre: j'aurais dit que c'est de la merde et que ça ne souffre aucune explication parce que cela va de soi.)
Bref, ça fait plaisir de voir un peu ce blog renaître de ses cendres (Qui ont bien refroidi entre temps, mais l'affluence, même minime, se fera pas désirer indéfiniment, m'est avis.)
Entrevue (les autres tribunes de cet acabit aussi, tant qu'à y être) a un succès qui ne me désarçonne pas vraiment, mais qui m'attriste *dit celui qui a déjà suivi les déboires de je ne sais quelle célébrité, comme quoi une rédemption est possible*... En même temps, c'est ma hantise, de devenir pigiste dans une revue à potins pour payer mon loyer !
Oooh, et paix à l'âme du Schtroumpf en haut à gauche de la page. Il me manque >_<.
Mais non, tu n\\\'as pas perdu tes lecteurs, voyons ! comment peux-tu imaginer une chose pareille ??? Simplement, en ce qui me concerne, je ne voyais rien à ajouter à tes billets. Suis d\\\'accord. Voilà. Surtout concernant ces §*£¤# torchons de magazines. Mais qui les achète, d\\\'ailleurs ? c\\\'est à se demander.... Bonne continuation, Moom. Longue vie à tes écrits !
Et ... comment ça se passe, du côté de nice ?
M;Mystère > Tu as toujours l'oeil, toi
Zéro> J'ai une dizaine d'aricles préécrits là donc je pense mettre à jour un jour sur deux ou sur trois à partir de Lundi ^^. Tu repasseras pour les cendres:')
Plume> Une revenante !
Je ne regrette pas du tout ma venue (ce qui est prodigieux en soi, vue ma tendance à tout remettre en question tout le temps).
Pauvres lecteurs, quand même -_-.
S'il te plaît
Aaah, entrevue, ça me rappelle mes jeunes aventures en solitaire, chez un ami qui s'y était abonné "pas pour le cul, mais parce que les articles sont intéressants" (au même titre que Newlook et penthouse, bien sûr)
Donc à part les photos de dames peu vêtues, j'en garde le souvenir d'une grande... revue... de journalisme, nous permettant de revivre le zapping de canal, en roman photo (chouette). On y lit aussi des traits d'humour désopilants de Jean Yves Lafesse (en réalité, ce sont ses canulars téléphoniques retranscrits), ou des blagues de pascal Selem (ortho?)...
Sans oublier aussi des "critiques" (ou un "worst of"?) des émissions de ardisson et/ou cauet...
Ah ouais, et les interviews des dames dénudées donc, toujours très intéressantes, et avec les phrases choc mises en exergue sur les photos (du genre "j'aime les hommes romantiques avec une grosse bite"). Et pour la parité, on a l'alternative femmes à pwal avec air aguicheur/homme en costard avec air con. Tout le monde est content.
C'est beau, le journalisme total.
Mise à jour ce soir, si j'arrive à capter le wifi ! :)
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*Ramasse les morceaux de son coeur, brisé encore une fois, pour tenter de les recoller et pardonner à banzaii cette énième injure*
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Ça a gâché l'effet ! Pitain de touche Inser ><.
Maintenant que je me suis fait comprendre et que je me suis bien ridiculisé, je peux m'éclipser avant de flooder davantage et d'avoir l'air encore plus bizarre. :)