La théorie de la Merde.
Mise en contexte personnelle, donc inutile:Avant que l’on ne m’accuse de scatophilie ou de scatologie, il faut considérer le contexte. Une moom fatiguée, excédée d’étudier en Juin. L’École fréquentée est américaine, donc les gardes sont paranoïaques. Après moult examens de sécurité (auxquels ne manquait que l’auscultation gynécologique), je pénétrai enfin en classe. Le sujet était propice à la philosophie vaseuse, et vous ayant promis une mise à jour régulière, je traduis le texte en français.
On comprendra néanmoins grâce à ce billet pourquoi je ne publie jamais de poème.
N’en déplaise à notre Jacques Dutronc préféré qui scandait effrontément ses mignonnettes comparaisons, le monde entier n’est pas un cactus, mais un amas de merdes. Cette brillante théorie, sortie tout droit de ma pitoyable et merdique imagination, illustre tout à fait une vision du monde fraîche et nouvelle, un vent d’humilité dans les d’ores et déjà poussiéreux narcissisme et pédantisme humains, un ouragan de fraîcheur dans le Texas de la suffisance et de la vanité.
Derrière ce mot peu élégant se cache donc la théorie du « nous sommes tous des merdes », savamment extrapolée d’une contemplation profonde de ma personne, d’une considération respectueuse de l’étendard de l’égalité brandi en ce vingt-et-unième avec l’insistance de cette connasse de Pandore à ouvrir la boîte et surtout, des paroles d’un ancien amoureux («il faut comprendre que tu es une merde, comme nous tous»).
La validité d’une théorie ne doit rien à l’origine de sa naissance et tout à sa pertinence. La ressemblance frappante entre l’approche du sujet dans la théorie de la merde et les hommes donnent beaucoup plus de crédibilité à cette théorie. Les merdes sont distinctes les unes des autres, mais leurs catégories sont fortement intéressantes.
Classons-les donc de manière aussi succincte que possible, d’abord selon leur aspect puis selon des critères un tantinet plus recherchés.
- Les grosses.
- Les minuscules.
- Des rondes.
- Des longues, en cylindre.
- Les dures, les solides. Ces rocs physiologiques qui imposent un respect admiratif.
- Les molles, inintéressantes à souhait, oubliées sitôt quittées, c'est-à-dire avec empressement.
- Les puantes : craintes et évitées tant que possible. À approcher en étant équipé.
- Les intelligentes (dont on est fier). Rapides, sans odeur, sans écho. Des Arsène Lupin du plongeon rectal, en quelque sorte. Une minutie impressionnante et un calcul précis signes d’un intellect indéniable.
- Les parfaites, inégalées et enviées par la commune des déjections. À la fois intelligentes et physiquement respectables, elles représentent l’idéal excrémentiel.
- Les maladroites, rapides (considérées comme ratées) : mal vues et sources de soupirs lassés du fait du dérangement causé.
- Celles qui portent en leur apparence les estampilles du passé (des pépins noirs de pastèque, par exemple).
Un peu à l’image des humains, non ? Cela dit, je n’ai pas trouvé de catégorie de merde qui n’aime justement pas être dans des cases et ne s'insurge pas avec véhémence quand c'est le cas. Elles m’excuseront toutes, donc. Pour les humains, c’est déjà moins certain.
L’établissement de l’analogie étant révélé, je peux donc légitimement et sans rougir affirmer que le monde est un amas de merdes.
Morale qui n'a aucun rapport, a priori : Peu importe l’angle considéré, une merde est une merde.
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